Une symbiose parfaite : planter des vignes et autres moyens inventifs pour rafraîchir les villes

Après un nouvel été accablant marqué par des vagues de chaleur dépassant les 40 °C dans de nombreuses régions d’Espagne, les habitants de Jerez de la Frontera, ville du xérès, ont trouvé une solution originale pour lutter contre la fournaise.

Dans les rues de la vieille ville, des treilles de vigne forment peu à peu un toit vert naturel, capable de réduire la température au sol de près de 8 °C. « Nous plantons des vignes dans le centre ancien car nous espérons que d’ici deux ou trois ans nous pourrons dire adieu aux chaleurs étouffantes », explique Jesús Rodríguez, président de l’association Los Emparrados, qui milite pour verdir et embellir les rues

La vigne, un patrimoine et un climatiseur naturel

À Jerez, les producteurs de xérès utilisent depuis des décennies les emparrados (tonnelles de vigne) pour garder leurs caves fraîches. L’expérience est désormais transposée dans l’espace public.

La vigne présente plusieurs avantages par rapport aux arbres : elle ne demande de l’eau que pendant les deux premières années, elle est caduque (ce qui laisse entrer le soleil en hiver), et en trois ans seulement, elle peut recouvrir entièrement une rue étroite.

Un seul pied de vigne grimpant le long d’un mur peut offrir une surface ombragée considérable : dans les caves de xérès, les feuilles d’un seul plant forment parfois un couvert de 60 m².

Le choix s’est porté sur une variété de Vitis riparia, cultivée pour donner peu de raisins, afin d’éviter tout problème de fruits collants sur les trottoirs.

« C’est une symbiose parfaite : en plantant des vignes dans la rue, nous rendons service à la ville tout en célébrant la culture viticole de Jerez », résume Begoña García González-Gordon, membre de Los Emparrados.

La municipalité prévoit déjà d’étendre l’expérience de 4 à 20 rues, reliant ainsi 14 parcs et espaces verts dans un périmètre de 4 km².


Ombrelles au crochet et jardins suspendus

À Alhaurín de la Torre, en Andalousie, une autre initiative citoyenne transforme l’espace urbain : un immense toit de couvertures crochetées par des habitantes, qui offre 500 m² d’ombre colorée.

Dans la ville voisine de La Línea de la Concepción, ce sont 860 mandalas crochetés qui s’entrelacent au-dessus des rues, formant un patchwork aérien spectaculaire.

À Valladolid, les habitants de la Calle Santa María ont imaginé un système de toiles suspendues entre les façades, dans lesquelles poussent des gypsophiles et autres plantes, créant à la fois ombre et jardins suspendus.


Des solutions locales pour un défi global

Séville, de son côté, déploie de larges toiles au-dessus des rues de son centre historique, tandis que d’autres villes dans le monde expérimentent leurs propres stratégies face à la hausse des températures.

À Paris, une application recense près de 800 « îlots de fraîcheur » — parcs, piscines, musées — reliés entre eux par des parcours ombragés, de façon à ce qu’aucun habitant ne soit à plus de sept minutes d’un refuge frais.

À Medellín, en Colombie, un ambitieux projet de 30 corridors verts a fait chuter la température moyenne de deux degrés. Ces espaces plantés d’arbres, de jardins verticaux et de végétation attirent aussi la faune et améliorent la qualité de l’air.

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