Ce qui devait être un simple projet de rénovation pour transformer un vieux bâtiment en bar s’est finalement transformé en une véritable mission de sauvegarde artistique, dans une petite ville de l’État de Washington.
Une découverte à quelques minutes près
Nick et Lisa Timm avaient acheté ce bâtiment historique d’Okanogan, à environ quatre heures à l’est de Seattle, fin 2021. La semaine dernière, en plein chantier, ils ont mis au jour deux fresques peintes sur toile de 18 mètres de long, courant le long des murs nord et sud de l’édifice.
Nick raconte à CNN qu’ils étaient à une vingtaine de minutes de recouvrir définitivement les murs lorsqu’il a eu l’idée de jeter un œil à ce qui se cachait derrière le plâtre. En le retirant, l’équipe a découvert une première fresque monumentale, longue de 18 mètres et haute de 6 mètres, représentant un lac, des chalets et des arbres. Un membre du chantier a alors émis l’hypothèse qu’une seconde toile pourrait se trouver sur le mur opposé : le pari s’est révélé exact, une fresque similaire y attendait également d’être révélée.
La découverte a eu lieu vers 17 heures, après une journée de travail commencée dès 5 heures du matin. Porté par l’excitation du moment, Nick décrit une équipe électrisée, qui a finalement poursuivi le chantier quatre heures supplémentaires pour dégager l’ensemble des fresques.
Un retour à Okanogan qui prend un tour inattendu
Le couple était revenu s’installer à Okanogan l’année précédente pour s’occuper du père de Nick, atteint d’un cancer du poumon. Après son décès en septembre, une amie de la famille les a informés qu’il était possible d’acquérir ce bâtiment historique. Pour Nick, redonner un nouvel élan à Okanogan faisait justement partie des objectifs de ce retour au pays, avant même cette découverte inattendue.
Construit vers 1907, l’édifice a connu plusieurs vies : salle de cinéma, salle de billard, et même lieu de combats de coqs, selon les souvenirs de Nick. Le couple, fort de l’expérience de Nick dans la gestion de bars et restaurants à Olympia, prévoyait de transformer cet espace de près de 280 mètres carrés en un bar et lieu de rassemblement pour la communauté locale. Il comptait d’ailleurs déjà y installer une vitrine consacrée à l’histoire de la région — un projet que la découverte des fresques est venue enrichir de façon inattendue.
Une trace retrouvée dans les archives locales

Une photo prise en juin 1918 montre le bâtiment à l’époque où il abritait une salle de cinéma. Après la découverte des Timms, la société historique du comté d’Okanogan a mis la main sur une coupure de journal de 1915 qui révèle le projet original de ces fresques.
Selon cette coupure, transmise à CNN par la société historique, un artiste local devait alors peindre les fresques pour le compte du Hub Theatre, qui occupait déjà les lieux à cette époque. L’article évoquait notamment un décor panoramique de paysage s’étendant sur plusieurs dizaines de mètres. Les deux fresques retrouvées sur les murs nord et sud totalisent aujourd’hui 36 mètres de long à elles deux.
Une restauration coûteuse et un calendrier repoussé

Les deux fresques vont désormais être décrochées avec précaution, restaurées puis réinstallées. Certaines parties souffrent d’importants dégâts des eaux, que le couple souhaite faire traiter au plus vite. Le chantier de restauration s’annonce coûteux : les Timms ont lancé une cagnotte en ligne sur GoFundMe pour recueillir le soutien de la communauté.
Le couple espérait initialement ouvrir son bar rénové fin mars, mais les travaux sur les fresques pourraient repousser cette échéance jusqu’au milieu de l’été.
Ces fresques seront désormais la pièce maîtresse de l’établissement, le reste de l’espace devant toujours accueillir des objets liés à l’histoire locale. La famille de Nick vit dans la région depuis des générations, et nombre de ces objets se transmettent depuis longtemps au sein du foyer, complétés par des dons d’autres habitants d’Okanogan.
Le futur lieu de rassemblement de la ville a d’ores et déjà trouvé son nom : le Red Light Bar, clin d’œil à l’unique feu rouge que compte la commune.