Un couple construit une maison-serre autosuffisante pour élever ses enfants et cultiver ses propres aliments toute l’année


Près de la côte pluvieuse de Göteborg, en Suède, un couple — Sylvia, qui travaille pour l’armée, et Johan, professionnel de l’informatique — a entrepris de construire bien plus qu’une simple maison. Ils ont imaginé une maison-serre écologique conçue pour fonctionner en harmonie avec la nature, plutôt que de lui résister.

« Nous pensions à construire une maison, mais nous voulions faire plus que cela. Nous voulions qu’elle ait un véritable but », explique Sylvia.

Sylvia a grandi dans une ferme, tandis que Johan a grandi en ville. Leurs parcours complémentaires ont façonné la conception unique de cette demeure : une maison familiale en bois de deux étages, entièrement close dans une serre de 176 mètres carrés.

L’enveloppe de verre tempère le climat côtier, prolonge la saison de culture et permet à Sylvia de faire pousser des plantes qu’elle n’aurait jamais cru possibles en Suède, comme des raisins et des pêches. Comme le dit Sylvia : « Pourquoi devrais-je combattre la nature ? Elle fait partie de nous de toutes les manières possibles. Pourquoi ne pas travailler avec elle, au moins en partie ? »

Cette question est devenue le principe directeur de Naturhus Torpadal : une maison qui coopère avec les systèmes naturels.

La vie à l’intérieur d’une maison-serre écologique

Entrer dans cette maison, c’est comme pénétrer dans un jardin chaud et ensoleillé plutôt que dans une maison scandinave typique. L’enveloppe de la serre agit comme un tampon climatique, capturant la chaleur solaire et maintenant une température ambiante stable.

Même pendant les mois d’hiver frisquets, la lumière du soleil traversant le verre peut chauffer la serre jusqu’à 20–25°C, permettant aux enfants de jouer en short alors qu’il pleut dehors. L’espace entre la maison intérieure en bois et la paroi de verre offre une « pièce de nature supplémentaire ».

C’est un lieu pour jardiner, faire de l’exercice ou simplement profiter de la lumière. Des balançoires et des anneaux sont suspendus à la structure, créant une aire de jeux intérieure qui se fond parfaitement avec l’extérieur. Dans ce sanctuaire de verre, Sylvia cultive une grande variété de légumes, de fruits et d’herbes tout au long de l’année : tomates, poivrons bulgares, raisins, kiwis et même des cultures expérimentales.

Construire une maison avec un objectif

Au départ, Sylvia et Johan imaginaient une maison familiale pratique. Cependant, leur vision a évolué vers un concept mêlant durabilité, confort et esthétique. La maison intérieure en bois couvre environ 93 mètres carrés. Elle est construite en bois lamellé, avec une isolation épaisse et selon les principes des maisons passives.

Le couple a divisé la maison en zones fonctionnelles. Une section est dite « sale » pour la lessive, les douches et l’équipement d’entraînement.

L’autre section est « propre » : c’est là que la famille se détend, cuisine et passe la majeure partie de son temps. Les lignes de vue ont été soigneusement planifiées pour que chaque fenêtre cadre la nature, tandis que les zones privées, comme les salles de bains, restent discrètes.

Le processus de construction a impliqué une collaboration étroite avec des architectes et des ingénieurs pour s’assurer que chaque élément ait une fonction. Même le sous-sol existant a été réutilisé comme station de pompage solaire et stockage pour le système de récupération des eaux de pluie.

Les espaces fonctionnels : Cuisine, chambres et salle de bain

La cuisine se situe au rez-de-chaussée, s’ouvrant sur l’espace de vie principal. Les plans de travail sont larges pour la préparation des repas, et l’agencement permet à la lumière du soleil et aux vues sur la serre de remplir l’espace. Les zones de séjour et de salle à manger sont ouvertes et flexibles, permettant aux enfants de jouer à l’intérieur pendant que les adultes cuisinent.

À l’étage, les chambres sont simples, lumineuses et chaleureuses. De grandes fenêtres font face à la serre, minimisant le besoin de chauffage supplémentaire. Chaque chambre est à peu près de la même taille, créant un espace démocratique pour les enfants.

La salle de bain soutient l’éthique écologique de la maison. Toutes les eaux usées — cuisine, salle de bain et même toilettes — sont filtrées à travers des lits de terre naturels et réutilisées pour nourrir les plantes de la serre.

L’autosuffisance grâce au système en circuit fermé

Une caractéristique majeure de cette conception est sa résilience. Le couple collecte l’eau de pluie dans un réservoir de 3 mètres cubes au sous-sol. Les eaux usées s’écoulent à travers des couches de sol remplies de biochar, de vers de terre et de racines de plantes. Ce système naturel purifie l’eau, qui est ensuite réutilisée pour l’irrigation.

La serre capture la chaleur solaire, tandis que les sols en béton stockent cette chaleur pour la restituer le soir.

Sylvia et Johan sont l’un des deux seuls foyers en Suède à ne pas être obligés de se raccorder au réseau d’égouts municipal. Le gouvernement a accordé des permis spéciaux après avoir vérifié que leur système de traitement naturel était aussi performant, voire meilleur, que les méthodes traditionnelles.

Vie quotidienne et connexion familiale

Pour la famille, Naturhus Torpadal est plus qu’une maison, c’est un écosystème vivant. Les enfants grandissent en comprenant comment la nourriture est cultivée et comment l’eau circule. Les écrans sont rares ; la plupart des jeux se font physiquement dans la serre ou les espaces ouverts.

Chaque recoin a été pensé pour être utile, adapté aux enfants et durable. La maison intérieure en bois reste sèche et bien préservée grâce à la protection de la serre, ce qui réduit l’entretien et permet à la famille de se concentrer sur l’essentiel : vivre pleinement et expérimenter le jardinage durable.

Une conception pour les générations futures

Naturhus Torpadal continue d’évoluer au fil des saisons. Pour Sylvia et Johan, ce projet incarne leurs valeurs : vivre en harmonie avec la nature et minimiser leur impact environnemental.

Comme le confie Sylvia en réfléchissant à ce voyage, elle n’a qu’un souhait simple : « J’espère que cette maison sera encore là pour les générations à venir. »

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