Lorsque les températures ont chuté mi-janvier et que la neige s’est mise à tomber en rafales, Noel McCarthy a décidé de réaliser un rêve qu’il porte depuis l’enfance : construire un igloo.

Aujourd’hui, grâce à l’aide de sa partenaire Kimberly Bement, ce projet fou est sur le point d’être achevé.
« Je ne savais pas si on irait aussi loin, confie McCarthy. Quand j’ai posé le premier rang, je me suis dit : c’est ridicule, c’est énorme. Mais c’était un début, alors il suffisait de continuer. »

Un igloo… mais pas tout à fait
D’un point de vue technique, McCarthy préfère préciser que son ouvrage n’est pas un igloo traditionnel.
Un véritable igloo se construit avec des blocs de neige compactée.

Ici, sa structure — plutôt trapézoïdale — est entièrement montée à partir de blocs de glace taillés directement dans la surface gelée du lac Oneida.
L’igloo se dresse sur la glace solide, à environ 90 mètres de la maison du couple, située sur la rive sud du lac.

Un chantier à l’ancienne
Pour découper les blocs, McCarthy utilise des outils d’un autre temps :
- une scie à glace ancienne,
- des pinces métalliques datant d’avant l’ère de la réfrigération.

Selon lui, un bloc de la rangée de base pèse environ 136 kg, soit 300 livres.
Au total, le premier rang représente 5 100 livres, soit plus de 2,3 tonnes.
Une fois terminé, l’igloo devrait dépasser 8 000 livres, soit près de 3,6 tonnes de glace.
Il extrait chaque bloc de glace du lac puis les transporte à l’aide d’un toboggan jusqu’au chantier.

Un duo parfaitement complémentaire
Difficile de trouver deux personnes plus adaptées à ce genre de projet.
- McCarthy, menuisier spécialisé dans les créations sur mesure, aime travailler toutes sortes de matériaux : bois, métal… et désormais glace.
- Bement, ingénieure mécanique, adore concevoir, tester et peaufiner. Elle est la reine des plans; lui est le maître du travail manuel.

« Ça commence toujours de la même manière, raconte Bement. Il va dans le garage, sort un vieil outil ou un matériau improbable… et soudain un nouveau projet prend vie. C’est là que j’interviens pour m’amuser avec lui. »

McCarthy a même fabriqué un gabarit en bois permettant de maintenir chaque bloc exactement à la bonne distance du centre de l’igloo pendant qu’il gèle en place.


Des conditions extrêmes
La partie la plus difficile n’est pas la technique, ni la force nécessaire… mais le climat infernal auquel ils font face.
- vents violents,
- températures négatives,
- tempêtes de neige,
- visibilité quasi nulle.

Lors d’un week-end particulièrement glacial, ils n’ont tenu que 15 minutes.
« On était en tenue de ski complète : lunettes, masques, tout, raconte Bement. On ne voyait rien. »
Malgré cela, ils avancent et prévoient de terminer rapidement les murs extérieurs grâce au froid persistant.

Des idées pour l’intérieur ?

Une fois les parois finies, ils hésitent encore sur l’aménagement intérieur.
« Des bancs seraient sympas, dit McCarthy. Peut-être une petite table console au centre, avec un mini brasero pour un peu de chaleur. Un endroit pour poser un verre. On verra. »

Mais ils savent que la magie ne durera pas : l’hiver à New York ne s’éternise jamais.
Dans quelques semaines ou mois, l’igloo deviendra un simple gros cube de glace.
L’important, c’est le voyage
Pour Bement, ce n’est pas un problème :
« Quand tu construis un igloo, tu ne penses plus au travail ou au reste. Tu te concentres seulement sur le bloc que tu soulèves, sur sa place exacte, et sur la vitesse à laquelle il faut faire geler tout ça. »
Quant à McCarthy, regrettera-t-il de voir fondre son rêve ?

Il frappe la paroi glacée du poing, sourit et avoue :
« Oui, un peu. »
De l’autre côté, Bement lance déjà :
« Le prochain sera encore plus grand ! »
« Non, non… c’est ridicule », répond McCarthy en riant.
« J’aimerais plutôt en faire un en béton, un jour. »

Un igloo qui fondra, mais un rêve d’enfance qui restera gravé — et peut-être bien un nouveau projet à venir !