Portland surprend encore. Longtemps considéré comme trop fragile pour des structures de grande envergure, le bois revient en force grâce aux techniques du mass timber. Panneaux contrecollés, poutres lamellées collées, éléments chevillés. Ces assemblages modernisés montrent que le bois peut rivaliser avec le béton et l’acier. La nouvelle canopée du terminal principal de l’aéroport de Portland (PDX) en est aujourd’hui l’un des meilleurs exemples.

Signé ZGF, le vaste atrium accueille les voyageurs sous un plafond de verre qui baigne l’espace de lumière. De grands arbres et des plantations abondantes créent une atmosphère calme, presque domestique, rare dans un aéroport. Dès l’arrivée, le ton est donné.
Une canopée en bois comme manifeste

ZGF a choisi le lamellé collé en Douglas pour réaliser cette couverture de neuf acres. Un geste architectural et culturel fort pour un territoire où les forêts anciennes, la filière bois et les traditions artisanales occupent une place essentielle. Les 3,5 millions de planches utilisées proviennent de petits fournisseurs familiaux engagés dans une gestion responsable, ainsi que de nations autochtones situées dans un rayon de 300 miles. Résultat : une réduction notable de l’empreinte carbone du bâtiment.

« Nous voulions que les voyageurs sachent immédiatement qu’ils sont dans le Nord-Ouest Pacifique, avant même de sortir de l’aéroport. Et que les habitants s’y sentent chez eux », explique Vince Granato, directeur des projets au Port de Portland. Cette intention se reflète dans l’usage du bois, mais aussi dans le travail de milliers d’artisans locaux.


Construire sans perturber

Contrairement à d’autres aéroports qui s’agrandissent en fermant, déviant ou démolissant, Portland a choisi une autre voie. Le Port of Portland a demandé à ZGF d’imaginer une stratégie de construction par phases, capable d’étendre le terminal sans interrompre les opérations. La grande toiture s’est imposée comme la solution idéale pour créer un nouveau volume spacieux tout en conservant les portes d’embarquement existantes.

À l’intérieur, l’expérience change complètement. Le plafond en bois forme un maillage ouvert ponctué de creux concaves qui laissent passer la lumière naturelle. Les voyageurs traversent une succession de places, rues intérieures et zones végétalisées avant de rejoindre l’une des quatre salles d’embarquement. Le design biophilique domine : matériaux locaux, vues dégagées sur les forêts lointaines, présence constante du bois et de la végétation.

Un nouveau standard pour l’architecture aéroportuaire

« Tout le monde aime l’aéroport de Portland », affirme Gene Sandoval, associé chez ZGF. « Notre défi était de faire évoluer un terminal constitué de bâtiments assemblés depuis les années 1950, et d’en doubler la capacité sans perdre ce que les gens apprécient tant. »


Avec cette canopée, PDX devient le plus grand bâtiment en bois massif de ce type. Une référence pour les projets de transport qui cherchent à conjuguer durabilité, caractère régional et agrandissement sans perturbation majeure. Un modèle que l’aéroport de Chicago O’Hare adoptera bientôt pour sa propre transformation menée par Studio Gang. La prochaine phase du projet de Portland doit s’achever en 2026.
Fabrication locale, vision globale


Du site de préfabrication aux poutres glulam, des colonnes aux panneaux structurels, l’ensemble du projet raconte une même histoire : celle d’une région qui construit avec ce qu’elle connaît, ce qu’elle respecte et ce qu’elle peut renouveler.
Portland ne se contente pas d’agrandir son aéroport. La ville réinvente la façon dont une infrastructure peut dialoguer avec son environnement, ses habitants et son avenir.