Leur maison est devenue un refuge pour hérissons

Leur maison est devenue un refuge pour hérissons

Dans une rue tranquille de Burntisland, la maison des Longhurst ne ressemble pas à un hôpital. Pourtant, derrière la porte, chaque pièce ou presque sert à sauver un hérisson en détresse. Une maternité dans le jardin. Une unité de soins intensifs dans le garage. Et des bénévoles qui arrivent en voiture, parfois en pleine nuit, un hérisson fragile posé dans une boîte.

Sharon Longhurst n’a pas pris de vacances depuis près de trois ans. Les hérissons passent avant tout.

Sharon et Andy Longhurst n’avaient rien prévu de tout cela. Trois ans plus tôt, ils se contentaient d’une balade vers Kirkcaldy lorsqu’ils aperçoivent une petite silhouette immobile sur le bord de la route. Ils la ramassent, s’inquiètent, hésitent… puis finissent par rouler jusqu’à Alloa, un aller-retour de 50 miles, pour l’amener à l’hôpital de la SSPCA.
Deux semaines plus tard, un autre hérisson. Même trajet.
C’est là que tout a basculé.

Une femelle, libérée d’un filet de football, a mis bas dans la maison des Longhurst.

Aujourd’hui, leur Burntisland Hedgehog Haven a accueilli 567 animaux. Sharon, 49 ans, concilie ce refuge avec son travail de lollipop lady. Andy conduit un bus à Édimbourg. Le soir venu, ils s’occupent de cages à nettoyer, de médicaments à administrer et de bébés hérissons qui réclament une pipette toutes les deux heures.

Leur engagement leur a valu une place dans la sélection des BBC Make a Difference Awards, catégorie « animal ». Une reconnaissance qui les touche, même si les urgences quotidiennes leur laissent peu de répit.

Les habitants de Burntisland déposent spontanément les hérissons blessés chez les Longhurst.

Les survivants représentent environ 65 % des animaux pris en charge. Une réussite, quand on voit l’état de certains arrivants. Larves de mouches, pattes coincées dans des filets de football, plaies causées par des outils de jardin, morsures de chiens, brûlures de produits chimiques. Sans parler des hérissons épuisés, affamés ou malades.

À l’intérieur, sept unités de soins intensifs tournent jour et nuit. Quarante cages, chacune avec son histoire, ses inquiétudes et parfois ses bonnes nouvelles. Autour d’eux, dix-huit bénévoles formés par Sharon et Andy.

Les Longhurst élèvent aussi des bébés hérissons, appelés hoglets.

Pour tenir, le couple organise des courses, des tombolas, des événements locaux. Il faut couvrir les 800 livres par mois d’électricité pour les incubateurs, la nourriture, la litière. Et les 3 500 livres par an de frais vétérinaires.
Malgré tout, Sharon garde le même réflexe : « S’il y a un hérisson en danger, je ne peux pas dire non. »

Retirer les œufs de mouches, un geste souvent nécessaire dès l’arrivée d’un hérisson.

L’histoire des Longhurst s’inscrit dans une réalité plus sombre. Le hérisson européen est désormais classé « quasi menacé » par l’UICN. La perte d’habitat, les routes, les pesticides et les jardins trop propres font disparaître un animal autrefois commun. Dans la nature, il dépasse rarement un an de vie.

Andy en parle souvent : « Ils ont tellement de choses contre eux. Et tellement de mythes. Sur plus de 500 animaux, un seul avait des puces. Les gens ne savent pas. »

Andy soigne l’un des pensionnaires du refuge.

La semaine prochaine, Sharon et Andy sauront s’ils remportent leur prix lors de la cérémonie à Glasgow. Mais chez eux, les trophées comptent moins que les petites boîtes remplies de hérissons guéris, prêts à retrouver la liberté.

Un à un, les Longhurst les relâchent dans des jardins sûrs, ou dans des zones protégées. À chaque fois, le même espoir simple : leur donner une chance de vivre un peu plus longtemps.

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