La plante adorée des jardiniers, dorénavant régulée comme espèce invasive

Paris, le 23 septembre 2025

On la trouve souvent sur les berges ombragées, au bord des ruisseaux ou dans les zones humides : la balsamine de l’Himalaya (Impatiens glandulifera) captive par sa floraison abondante et ses formes élégantes. Mais ce charme trompeur dissimule une autre réalité : depuis plusieurs années, cette plante fait partie des espèces exotiques envahissantes les plus étudiées, objet de réglementations strictes au niveau européen, pour ses effets délétères sur les écosystèmes.


Une réglementation déjà en place

Contrairement à ce qui circule parfois, Impatiens glandulifera n’a pas été “strictement interdite le 5 août 2025 dans toute l’Europe” selon les textes européens les plus à jour. Toutefois :

  • La plante est inscrite depuis 2017 sur la liste des espèces exotiques envahissantes d’intérêt pour l’Union européenne, appelée “Union List”, dans le cadre du règlement (UE) 1143/2014 sur la prévention et la gestion de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes. (Environment)
  • Cela signifie qu’elle est soumise à des restrictions : sa vente, plantation ou dispersion intentionnelle dans l’environnement sont contrôlées, voire interdites selon le cas. (Environment)
  • Les États membres doivent mettre en œuvre des mesures de prévention, de détection rapide, et d’éradication ou de gestion dans les zones déjà envahies. (Environment)

Ainsi, l’interdiction totale dont on parle dans certains médias semble être une simplification voire une extrapolation de la réglementation existante, plutôt qu’une nouvelle mesure prise en 2025. Il est possible que des mises à jour nationales complètent ces interdictions selon les pays.


Pourquoi cette réglementation est-elle justifiée ?

Impacts sur la biodiversité

Les études scientifiques montrent que Impatiens glandulifera provoque :

  • une réduction de la richesse en espèces végétales dans les zones envahies. Par exemple, dans certains sites d’Europe Centrale, des parcelles envahies hébergent en moyenne 12 espèces locales contre 19 espèces dans des zones similaires non envahies. (gd.eppo.int)
  • une perte de diversité globale des plantes, l’étouffement de la végétation indigène (fougères, plantes basses, herbacées) à cause d’une ombre dense, d’une consommation importante de ressources (eau, nutriments) et d’une croissance rapide. (PMC)
  • des impacts en cascade sur la faune : moins de plantes indigènes signifie moins de nourriture, d’endroits de nidification, de ressources pour les pollinisateurs, etc. (PMC)

Mode de propagation

  • I. glandulifera produit beaucoup de graines, avec un mécanisme d’explosion des capsules qui les disperse à plusieurs mètres. (PMC)
  • Elle se plaît le long des cours d’eau, zones humides, berges, où les graines peuvent être emportées par le courant. Ce qui favorise une colonisation rapide en aval. (iucngisd.org)
  • Son cycle de vie annuel lui permet de pousser vite, de fleurir abondamment, et de mourir en hiver, laissant le sol nu, ce qui favorise l’érosion des berges dans certains cas. (PMC)

Ce que dit la loi européenne

  • Le règlement (UE) 1143/2014 impose que toute espèce de la “Union List” (liste des espèces exotiques envahissantes d’intérêt pour l’Union) est soumise à diverses interdictions ou obligations de gestion. (Environment)
  • Impatiens glandulifera fait partie de cette liste depuis la mise à jour de 2017, via le règlement d’exécution 2017/1263. (eur-lex.europa.eu)
  • Cela signifie qu’il est interdit de l’introduire sur le marché, la cultiver ou la transporter intentionnellement dans l’environnement, sauf cas exceptionnel (recherche, etc.). (species.biodiversityireland.ie)

Ce que les jardiniers et particuliers doivent faire

Face à cette réglementation et aux risques, voici les bonnes pratiques :

  • Identifier la plante tôt : observer les jeunes pousses, vérifier les capsules, repérer les tapis floraux au bord d’eau ou dans zones humides.
  • Supprimer avant la floraison : arracher les plants ou couper les tiges avant qu’ils ne produisent des graines. Cela réduit fortement la dissémination.
  • Attention aux échanges et aux achats : ne pas acheter, planter ou partager de la balsamine de l’Himalaya. Si elle est déjà dans votre jardin, éviter qu’elle ne fructifie.
  • Suivi et entretien : surveiller après les pluies ou la fonte des neiges, les repousses qui peuvent resurgir. Nettoyer les zones humides contiguës pour éviter la recolonisation.
@lessentiersdemma

balsamine de l’Himalaya est une plante annuelle très dynamique qui produit de petites graines bien adaptées à la dispersion par l’eau. Elle envahit principalement les berges des cours d’eau.#natureamusante #foryou #nature #funny #pourtoi #fyp #saviezvous #balsaminedelhimalaya

♬ son original – Les sentiers d’Emma

Ce qui reste à confirmer

  • Aucun document officiel crédible n’indique qu’il y ait eu une nouvelle directive adoptée au 5 août 2025 qui étendrait les restrictions de manière plus sévère que celles déjà en place partout dans l’UE.
  • Les mesures concrètes peuvent varier selon les États membres : certains ont déjà des interdictions nationales ou régionales, d’autres non.
  • L’effort de gestion doit être collectif : collectivités locales, jardineries, pépinières, particuliers, et institutions de recherche.

La balsamine de l’Himalaya est bien plus qu’une plante ornementale à floraison spectaculaire. Comme beaucoup d’espèces introduites, elle pose un réel problème d’équilibre écologique. L’Europe a déjà pris des mesures réglementaires structurantes depuis 2017 pour limiter sa propagation, mais la sensibilisation, le respect des règles et les interventions précoces restent essentiels.

Le dilemme persists : comment concilier le goût du jardin, de la beauté, avec l’impératif de protéger la biodiversité ? Dans ce cas, le choix semble clair.

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