En Normandie, une maison oubliée renaît en concept-store et salon de thé

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REPORTAGE – Disparue depuis près de quarante ans sous une épaisse végétation, une maison du hameau de La Haie Tondue, à Drubec (Calvados), a retrouvé la lumière. Restaurée avec soin, elle abrite désormais une boutique de prêt-à-porter et un salon de thé.

Il faut tendre l’oreille pour croire cette histoire, tant elle paraît romanesque. À deux pas de la sortie de l’A13, au bien nommé lieu-dit La Haie Tondue, connu des habitués pour son restaurant, se dressait une maison… que plus personne ne voyait. Dissimulée par des arbres et une haie monumentale, la bâtisse semblait avoir disparu du paysage normand. Abandonnée depuis quatre décennies, elle renaît aujourd’hui sous un tout autre visage : celui d’un concept-store au charme bucolique, inauguré le 22 mars 2025.

Tout commence en 2022. Alexis Lebailly et son associé rachètent le restaurant voisin et son terrain. Là, derrière une haie toujours soigneusement taillée, un secret demeure. « Le vendeur nous a prévenus : À l’intérieur, il y a une maison. On n’y croyait pas vraiment », se souvient Jenna Libbrecht, compagne d’Alexis.

Par le jeu des rencontres, le couple parvient à retrouver le propriétaire : un vieil homme, qui avait quitté les lieux après le décès de son épouse, sans jamais se résoudre à vendre. Un lien de confiance se tisse, jusqu’à ce qu’il accepte de céder la parcelle. « Nous avons signé sans avoir jamais franchi la porte. J’avais trop peur », confie Jenna.

La découverte fut à la hauteur de l’attente. Derrière la végétation coupée au bout d’un an de travaux, une maison figée dans le temps, digne d’un décor de cinéma. Bois abîmés, pièces obscures, atmosphère presque inquiétante… mais une structure étonnamment solide, préservée par cette haie protectrice.

De longs mois de rénovation plus tard, le lieu a changé de peau. Les poutres apparentes ont retrouvé leur éclat et l’endroit respire à nouveau. Jenna y installe son enseigne Rosalie Market, déjà connue à Beaumont-en-Auge, et y réunit aussi la boutique de sa mère, partie en retraite. Mode, décoration, épicerie fine, mais aussi un salon de thé où l’on sert glaces italiennes au lait de vache normande, chocolat chaud au coin du feu et douceurs à savourer en terrasse l’été.

« On voulait en faire un lieu vivant, accueillant, où l’on puisse se retrouver », explique la jeune femme. Mission accomplie : derrière les murs de cette maison que l’on croyait disparue, bat de nouveau le cœur d’un village.

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