Les affaires de squats en France reviennent régulièrement dans l’actualité. Elles soulèvent à chaque fois les mêmes questions : lenteur des procédures, impuissance des propriétaires, tensions avec les occupants. À Portet-sur-Garonne, près de Toulouse, un propriétaire excédé a choisi une méthode radicale pour se débarrasser des squatteurs installés sur son terrain.
Une occupation qui dure trop longtemps
Depuis plusieurs années, son terrain est régulièrement occupé par des groupes de gens du voyage. Fatigué de voir la situation se répéter sans réelle solution, le propriétaire a décidé de réagir par ses propres moyens.
Selon ses propos recueillis par La Dépêche du Midi, il a d’abord fixé un ultimatum clair : 48 heures pour quitter les lieux. Devant l’inaction des occupants, il est passé à l’acte.
La méthode radicale : un bloc de trois tonnes
Plutôt que d’entamer une nouvelle procédure judiciaire, longue et coûteuse, l’homme a loué une grue et fait déposer un bloc de béton de trois tonnes en travers du chemin menant à son terrain. Résultat : les caravanes ne peuvent plus sortir. Seules les voitures légères disposent d’un passage suffisant.
« Cette fois, c’est à eux de saisir la justice pour faire retirer mon bloc », a expliqué le propriétaire, soulignant qu’il se trouve désormais dans une position inverse : ce sont les occupants illégaux qui doivent déposer un recours, et non plus lui.
Colère des occupants
Du côté des gens du voyage, la réaction est vive. « Cette personne est complètement inconsciente. Il y a des enfants en bas âge dans notre groupe. Imaginez une urgence médicale, comment ferons-nous ? », dénonce un occupant.
Le propriétaire, lui, assure avoir laissé suffisamment de place pour permettre aux véhicules d’urgence de passer en cas de besoin.
Un malaise récurrent en France
L’affaire illustre une nouvelle fois les tensions liées aux squats et aux occupations illicites. Selon les chiffres relayés par Capital, 124 procédures liées à des squatteurs avaient été enregistrées par les préfectures entre janvier et mai 2021. Les zones les plus touchées étaient l’Île-de-France, les Hauts-de-France, la région PACA et l’Occitanie. Depuis, aucun chiffre national n’a été actualisé.
Face à ces situations, le gouvernement a présenté une proposition de loi visant à accélérer les expulsions et mieux protéger les propriétaires. Mais pour beaucoup, la procédure reste trop lente. Dans le cas présent, une expulsion judiciaire aurait pris au minimum un mois.
Entre droit et justice « par soi-même »
La décision du propriétaire soulève des questions éthiques et juridiques. D’un côté, le droit de propriété est reconnu et protégé par la loi. De l’autre, les méthodes « extralégales » peuvent être jugées dangereuses, surtout si elles compromettent la sécurité d’occupants vulnérables.
Reste que ce coup de force a atteint son but : rendre la vie impossible aux squatteurs et renverser la logique habituelle des procédures.