Elle installe un casier Mondial Relay dans son jardin : la guerre est déclarée avec ses voisins

Dans un quartier résidentiel calme d’Orvault, près de Nantes, l’installation d’un casier automatique Mondial Relay dans le jardin d’une particulière a déclenché une véritable crise de voisinage.

Une découverte qui passe mal

C’est en rentrant de vacances que Nolwenn, habitante du quartier, a eu la mauvaise surprise de découvrir ce nouvel équipement installé chez sa voisine. Elle raconte son incompréhension face à cette implantation, d’autant que deux ou trois autres casiers similaires se trouvent déjà à seulement 200 mètres de distance les uns des autres, rendant cette nouvelle installation difficile à justifier à ses yeux.

L’affaire, qui s’est produite dans le quartier du Bignon, plus précisément rue des Genêts, a surpris l’ensemble du voisinage fin novembre. Une résidente avait accepté d’accueillir dans son jardin cette consigne rose et blanche, visible et accessible directement depuis le trottoir.

La plupart des habitants du secteur redoutent les nuisances qu’une consigne accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pourrait engendrer : passages de véhicules, bruits de moteurs et de portières à toute heure, dans une rue résidentielle qui ne dispose d’aucune place de stationnement dédiée. Une riveraine explique que sa fenêtre donne justement juste derrière le locker, dans une rue sans vocation commerciale.

Une taille loin d’être anodine

Ces casiers, souvent perçus comme de simples boîtes, peuvent en réalité atteindre des dimensions impressionnantes : selon les données du fabricant, un modèle peut mesurer jusqu’à 4,42 mètres de long et 2,35 mètres de haut. L’implantation d’une telle structure, même sur un terrain privé, transforme de fait l’espace en un véritable point de service commercial, avec les flux de fréquentation que cela suppose.

La colère des habitants a été renforcée par l’absence totale de concertation préalable : une pétition contre l’installation aurait circulé dans le quartier en seulement 48 heures.

Le maire réclame un changement de la loi

Si aucune autorisation particulière n’est requise pour installer ce type de casier dans un jardin privé, le maire d’Orvault, Jean-Sébastien Guitton (divers gauche), appelle de son côté à une évolution de la législation. Il estime qu’une commune ne peut pas laisser ce genre d’équipement se déployer dans des lieux qui ne s’y prêtent pas, et juge que l’entreprise devrait davantage respecter les spécificités des territoires où elle s’implante.

L’affaire soulève aussi une question juridique plus large : un tel casier doit-il être considéré comme une construction ou un aménagement à usage commercial, nécessitant une déclaration de travaux, voire un permis de construire ? La question reste pour l’instant en suspens, mais elle pourrait avoir des répercussions sur l’urbanisme local, notamment si les arrêts de véhicules pour le dépôt ou le retrait de colis venaient à perturber la circulation.

Mondial Relay minimise, la propriétaire encaisse un loyer

De son côté, Mondial Relay affirme que les installations chez des particuliers ne représentent qu’une part très limitée de son réseau, moins de 1 % de l’ensemble de ses casiers. L’entreprise indique qu’elle va étudier attentivement la situation à Orvault.

La propriétaire du jardin concerné, qui n’a pas souhaité s’exprimer publiquement, perçoit quant à elle un loyer de quelques dizaines d’euros par mois. Elle n’est pas un cas isolé : de nombreux particuliers cherchent aujourd’hui à rentabiliser leur terrain de cette façon, que ce soit via l’affichage publicitaire, la location de places de parking ou d’autres dispositifs similaires.

Tout n’est pas permis

Maître Amandine Labro rappelle cependant que ce type d’installation n’est pas sans limite : il faut notamment vérifier la réglementation propre à chaque commune, s’assurer que l’équipement ne constitue pas un trouble anormal du voisinage, et souvent souscrire des assurances supplémentaires pour couvrir ce nouvel usage du terrain.

Une piste de résolution existe pourtant : dans un cas similaire survenu ailleurs, une médiation avait permis de déplacer une consigne à environ 300 mètres de son emplacement initial, ce qui avait suffi à apaiser durablement le quartier concerné. Les riverains d’Orvault espèrent une issue comparable, d’autant que Mondial Relay prévoit d’installer 1 000 nouveaux casiers à colis d’ici la fin de l’année, un déploiement qui pourrait multiplier ce type de tensions ailleurs en France.

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