Alors que l’hiver s’installe progressivement sur une bonne partie de la France, la question revient : faut-il laisser le chauffage allumé en permanence ou le couper quand on est absent ? Certains pensent que maintenir une température de base évite les chocs thermiques, d’autres affirment qu’éteindre est plus rentable. Voici ce que disent les spécialistes — et ce qui fait la différence dans la facture.
Le contexte : des factures de chauffage lourdes
En France, le chauffage représente une part majeure des dépenses énergétiques des ménages. Même si le chiffre de 1 700 € par an est une estimation moyenne, beaucoup de foyers paient davantage selon leur type de logement, le mode de chauffage (électricité, gaz, fioul, pompe à chaleur), l’isolation ou encore les habitudes de consommation.
Les comportements — allumer plus tôt, chauffer inutilement, laisser les chauffages en permanence — peuvent parfois faire exploser les coûts.
Laisser le chauffage allumé en permanence : un mythe énergétique

L’idée de maintenir une température constante, même en votre absence, semble séduisante : au lieu de « refroidir » la maison complètement puis la « réchauffer », certains estiment qu’un chauffage continu est plus doux pour le matériel et plus économique. Mais ce raisonnement est contesté par des experts :
- Selon l’Energy Saving Trust, l’idée que laisser le chauffage en permanence serait moins coûteux est un mythe. Ils recommandent de chauffer uniquement quand c’est nécessaire, plutôt que de maintenir une température constante toute la journée. (Physics Stack Exchange)
- En effet, un logement, même bien isolé, perd de la chaleur en permanence (par les murs, fenêtres, toitures). Lorsque le chauffage reste allumé, vous payez pour compenser ces pertes, même sans être présent.
- Lorsque vous revenez, le système doit encore fournir de l’énergie pour maintenir la température, ce qui peut créer des pics de consommation, mais au global les économies l’emportent sur le maintien continu. Des études sur les climatiseurs (analogie inverse) montrent que remettre une température modérée après une absence est plus efficace que garder le système en marche toute la journée. (PBS)
Donc, éteindre ou baisser le chauffage pendant vos absences demeure la stratégie la plus recommandée sur le plan économique.
Le rôle du thermostat programmable et connecté
Pour rendre tout cela efficace, le thermostat programmable (ou intelligent) est l’outil-clé :
- En France, l’Ademe indique qu’un thermostat programmable permet de réaliser jusqu’à 15 % d’économies sur la facture de chauffage. (agirpourlatransition.ademe.fr)
- Grâce à une programmation horaire, le chauffage fonctionne seulement aux moments utiles : matin, soirée, éventuellement mi-journée, selon vos horaires. On évite ainsi de chauffer inutilement.
- Mieux encore, les thermostats connectés permettent de piloter le chauffage à distance via une application mobile, d’adapter la température pièce par pièce, et peuvent intégrer des fonctions intelligentes (détection de fenêtre ouverte, liaison avec la météo locale, etc.). (j-ecorenove.credit-agricole.fr)
- Un décret récent impose l’installation de dispositifs de régulation de température d’ici 2027 dans les logements : tous devront être équipés d’un système de régulation du chauffage (thermostat ou équivalent). (service-public.fr)
Exemple d’économie : pour une maison chauffée à l’électricité, l’Ademe cite des économies pouvant aller jusqu’à 270 €/an avec un thermostat programmable ; pour une maison au gaz, jusqu’à 210 €/an. (agirpourlatransition.ademe.fr)
Comment adopter la meilleure stratégie : conseils pratiques
- Baisser ou couper le chauffage pendant les absences
Pour des absences de quelques heures à plusieurs heures, baissez la température de 3 à 5 °C plutôt que de laisser le chauffage à pleine puissance. - Programmer un retour progressif
Faites démarrer le chauffage un peu avant votre retour (ou lever) afin que la maison soit confortable sans attendre : beaucoup plus efficace que de chauffer en continu. - Investir dans un thermostat programmable ou connecté
Cela permet de calquer la consommation de chauffage sur vos usages réels et d’éviter le gaspillage. - Optimiser l’isolation
Les déperditions thermiques jouent un rôle déterminant dans le coût réel du chauffage. Isoler les murs, combles, fenêtres, tuyaux d’eau chaude diminue les pertes. - Ne pas viser des températures trop élevées
Chaque degré compte : selon l’Ademe, une réduction de 1 °C peut représenter une économie d’environ 7 %. (ecologie.gouv.fr)
En résumé
- Gardez le chauffage uniquement quand vous êtes chez vous ou quand il est utile : c’est cette approche qui coûte le moins cher à long terme.
- Le maintien constant du chauffage, même à basse température, implique de payer pour compenser les pertes thermiques, y compris en votre absence.
- Un thermostat programmable ou connecté rend cette stratégie viable et confortable, en ajustant le chauffage selon vos besoins.