À l’approche des fêtes de Noël, la traditionnelle tablette de « chocolat péi » pourrait bien se faire plus discrète sur les tables réunionnaises. La filière du cacao local à La Réunion est confrontée à un vrai coup d’arrêt après le passage du cyclone Cyclone Garance.
Une récolte fortement compromise
Le cyclone Garance, qui a frappé l’île début 2025, a laissé derrière lui des cacaoyers couchés, brisés ou fortement stressés. Selon un article publié en septembre 2025, un exploitant, Edvin Payet, rapporte avoir perdu « 80 à 90 % de la récolte » de première saison. La filière fonctionne en deux saisons : une floraison de janvier – mars pour une récolte vers avril, puis une seconde floraison en mai pour récolte en août. Cette année, la récolte est retardée d’un mois, et son volume s’annonce « inférieur à ce qu’on a l’habitude d’avoir ».
À l’échelle de l’île, la production est déjà modeste : par exemple, on recense environ 8 hectares de culture répartis entre 18 exploitants pour une production annuelle estimée à 5,5 tonnes de fèves.
Quelles conséquences pour les chocolatiers et les consommateurs ?
Pour les chocolatiers locaux, cela signifie moins de matière première « péï » à transformer. Le président de l’association Cacao Péi, Bernard De Franchin, indique que cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de chocolat local pour Noël, mais bien qu’« il y en aura moins ».
Du côté des prix, la faiblesse de la production alliée à un contexte de coûts en hausse pourrait se traduire par une augmentation du prix du kilo de fèves.
Un contexte déjà fragile
La culture du cacao à La Réunion reste une filière de niche et peu structurée : malgré tout l’intérêt patrimonial et écologique qu’elle porte, elle représente moins d’1 % de la Surface Agricole Utile de l’île.
Le cyclone Garance n’a pas frappé seul : il s’ajoute à d’autres phénomènes extrêmes (sécheresse, cyclones précédents) qui fragilisent l’agriculture réunionnaise dans son ensemble.
À quoi s’attendre pour Noël ?
– Les amateurs de chocolat « péï » doivent s’attendre à moins de choix et peut-être des prix un peu plus hauts.
– Pour les chocolatiers, il sera question de gérer leurs stocks et leurs approvisionnements avec davantage de précaution.
– Pour l’avenir, la filière devra s’appuyer sur des soutiens techniques, sur des pratiques adaptées (agroforesterie, protection des plantes) et sur une meilleure structuration pour faire face aux aléas climatiques. Le projet « Cacao Péi » en est un exemple.