Avec sa maison autonome, il ne connaît pas la crise énergétique

L’énergie chère ? « Cela ne me concerne plus », explique l’ingénieur retraité qui s’est lancé, il y a six ans, dans la construction d’une maison énergétiquement autonome, solution de plus en plus appréciée aujourd’hui.

Ossature bois sur pilotis, isolation naturelle en chanvre compressé, 110 m2 de panneaux photovoltaïques sur le toit, chauffe-eau solaire, la maison de ce Géo Trouvetou originaire des Pyrénées se détache dans le paysage de Saint-Priest-la-Plaine, petit village de la Creuse plus habitué aux vieilles façades de pierre.

Le style importe peu pour son propriétaire, au vu des économies réalisées. « Si je compte le chauffage, l’eau chaude et l’électricité, je dois économiser près de 4.000 euros par an », estime Jean Chappert, 66 ans.

Une réduction des dépenses – et du courrier – à l’heure où beaucoup, au contraire, voient leurs factures s’alourdir. Seule l’eau le ramène encore à cette réalité. Mais avec l’aide d’un forage, il pourrait bientôt se passer d’abonnement.

L'ingénieur retraité Jean Chappert dans sa maison énergétique auto-conçue, qui n'est reliée à aucun réseau électrique, à Saint-Priest-La-Plaine, dans la Creuse, le 19 octobre 2022 ( AFP / PASCAL LACHENAUD ).
L’ingénieur retraité Jean Chappert dans sa maison énergétique auto-conçue, qui n’est reliée à aucun réseau électrique, à Saint-Priest-La-Plaine, dans la Creuse, le 19 octobre 2022 ( AFP / PASCAL LACHENAUD ).

Pour l’instant, elle produit 4,5 kilowatts (kW) d’électricité, ce qui est bien suffisant pour une maison de cette taille. Et bientôt plus : « Je passerai à 9 kW quand j’aurai fait ma véranda, avec de nouveaux panneaux. Cela me permettra de recharger ma future voiture électrique ».

Son pari lancé pour sa retraite en Creuse après une carrière professionnelle à Paris, est presque réussi. Mais tout n’a pas été simple dans l’aventure, à commencer par l’obtention d’un permis de construire sans demander à être raccordé au réseau public d’électricité.

-Conseil aux voisins –

 » Ils me demandaient pourquoi je faisais ce choix. Cela nécessite plusieurs démarches administratives dont on pourrait se passer », souligne-t-il avec le sentiment de tenir sa petite vengeance, chaque fois qu’un orage provoque une coupure de courant et que des voisins lui demandent de tirer un câble…

Le contexte a changé ces dernières années, avec de plus en plus de Français qui choisissent l’autonomie énergétique face à la hausse des prix et aux enjeux climatiques. Alors qu’en 2015, Enedis ne recensait que 3 000 installations individuelles d’autoconsommation – reliées au réseau -, le gestionnaire en comptait près de 208 000 à la fin du mois de septembre, un chiffre qui a doublé en 18 mois.

L'ingénieur retraité Jean Chappert dans sa maison autonome de Saint-Priest-La-Plaine, dans la Creuse, le 19 octobre 2022 ( AFP / PASCAL LACHENAUD ).
L’ingénieur retraité Jean Chappert dans sa maison autonome de Saint-Priest-La-Plaine, dans la Creuse, le 19 octobre 2022 ( AFP / PASCAL LACHENAUD ).

Le néo-Creusois, dont la démarche ne passe pas inaperçue autour de lui, ne veut pas être « catalogué comme un écologiste extrême » et revendique une approche « surtout économique », soulignant qu’il n’a pas installé de toilettes sèches, qu’il utilise un lave-vaisselle et possède une piscine….

Sa situation attire la curiosité, voire l’envie. Plusieurs personnes sont déjà venues le voir. « En Limousin, de plus en plus d’habitants veulent faire de même, ils cherchent des conseils, alors je leur en donne ».

Quitte à tempérer les ardeurs. « Tout le monde n’a pas les moyens d’investir plusieurs dizaines de milliers d’euros dans une maison. Et il ne faut pas non plus penser que les panneaux solaires peuvent produire de l’électricité et du chauffage », explique celui qui se chauffe au bois coupé ou aux pellets.

L’ancien ingénieur thermicien préfère insister sur les principes de base, comme la qualité de l’isolation ou l’orientation de la maison, qu’il aimerait voir imposés dans la construction. « Cela permettrait d’être moins touché par les crises », estime-t-il, ajoutant toutefois que « pour cet hiver, il est trop tard ».

source : www.boursorama.com


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